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Les perles de sankara

Le Conakryka est dur quoi !

L’autre jour, en flairant les traces encore fraîches d’un poulet grillé dans la cité de Mathurin, ma voiture m’a conduit dans un carrefour.

En passant devant une porte, j’ai cru lire, rouge sur noir, « Docteur Soumah, Ancien interne des hôpitaux bonyina sagui, vétérinaire spécialiste des hémorroïdes ». Un affabulateur !

Ou en face de la gare-voiture (pas gare-voiture d’avion) de Bambéto, ‘’ici arracheur de dents’’. Le mec voulait dire ‘’dentiste’’.

Une autre fois, j’ai rencontré un tout autre spécialiste, avec une carte de visite aussi encombrée que la route ‘’Le Prince’’ (tiens je voudrais bien savoir qui est ce prince qui a donné son nom à la route indéfinie de l’histoire) aux heures de pointe.

Sa cravate aussi était saturée de couleurs dont certaines inspiraient plus la crasse qu’autre chose. Mais comme les informations que j’avais indiquaient que c’est avec ce zigoto que je devais traiter, je me dis que l’habit ne fait pas le moine. 


Le faux moine en question a soigneusement évité de me montrer ses bureaux, préférant me traîner dans un bistrot. C’est là d’ailleurs que, entre deux boissons à mes frais, j’ai pu constater que tout son bureau est dans le sac : secrétaire, planton, cachets, comptabilité, etc.


Le pire, c’est qu’il y a… pire ! L’autre jour, pour les funérailles d’une vieille du quartier, les jeunes du secteur comme moi, on s’est cotisé pour louer une pick-up car l’ancêtre qui venait de rendre l’âme était si vieille que toutes ses connaissances l’avaient déjà devancée dans la tombe. En tout cas, quand on a fait le point, on s’est rendu compte que personne n’était de sa lignée.

Mais, comme elle avait toujours été gentille avec tout le monde et qu’elle nous appelait tous ses enfants, on a tous fait semblant d’ignorer qu’elle est arrivée en Guinée vers 1949 comme jeune serveuse au Bouliwel-bar ou quelque chose comme ça.


Bref, on s’est rendu dans les locaux d’une société de transport pour louer une carcasse en état de rouler jusqu’au cimetière, tant pis si elle tombe en rade au retour. Le gars qu’on a vu au guichet, les yeux rouges comme un forgeron insomniaque, était tout sauf une lumière.


Y a vraiment trop de faux culs dans ce pays qui se font passer pour ceci ou cela. Tout le monde veut faire des affaires, tout le monde est commerçant. Avant, la moitié des ménagères à Conakry vendait des bonbons glacés. La mode aujourd’hui, ce sont les « spécialistes de la téléphonie ».

Ils ouvrent un kiosque, généralement bleu, et proposent d’éventrer votre téléphone portable même s’il a passé la nuit dans un seau d’eau. N’importe quoi !

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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