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Depuis le début de la semaine, sans arrêt, ça pète de partout. Boum, bam, bim et reboum !

Depuis le début de la semaine, sans arrêt, ça pète de partout. Boum, bam, bim et reboum !
VOTRE NOTE

Là vraiment y en a marre ! Y a un commerçant de Madina qui a un stock de pétards non écoulé pour cause d’interdiction depuis Noël. Le zig a mis sa camelote sur le marché depuis une semaine à la grande joie des bambins et autres morpions de mon quartier.

Et depuis mes oreilles bourdonnent. Depuis le début de la semaine, sans arrêt, ça pète de partout. Boum, bam, bim et reboum !

Des armées de mioches font sauter des pétards dans ma rue. Du matin au soir. Ce petit jeu les amuse, ils se marrent, les bambins. Et que je te mette un pétard dans une boîte de conserve. Ouaf, ouaf, mort de rire. Et que je t’explose un margouillat après lui avoir dynamité l’estomac. Trop drôle. 


Eh bien, moi, cela ne me fait pas rire du tout. Non. Cela me met vraiment en boule ! Au début, j’ai même eu la frousse. J’étais chez moi, bien peinard avec un verre de mon nectar préféré, priant à la gloire de Bacchus. Le silence et la fraîcheur du soir nous avaient rejoint. Et boum ! J’ai cru que le jour du coup d’État était arrivé. J’en ai fait tomber, mon verre. On ne peut jamais être tranquille. Une autre fois, c’est en pleine sieste qu’ils m’ont réveillé. Je suis sorti, furibard, mais ils étaient déjà partis.


On dirait que les mômes de ce pays n’ont rien de mieux à faire que de traîner et de faire chier le monde. Ils n’ont pas de quoi becter, ils se baladent en haillons, sales comme des cochons de lait, mais ils trouvent le moyen de s’acheter ces foutus pétards.


Et s’il n’y avait que ça. Il y a aussi la divagation enfantine. Une fois la nuit tombée, des nuées de gosses se débinent sous les phares de ma voiture. On dirait des lapins. Où sont leurs parents ? Si je ne faisais pas attention, j’écraserais un mioche tous les dix mètres. Il y en a partout des lardons désoeuvrés. A croire que l’école, c’est fait pour les chiens. Tout le monde sait que les chiens ne fréquentent pas non plus les bancs des classes puisqu’ils sont aussi en divagation.


Qui pense à l’avenir de ce pays ? Personne. Au lieu d’aller en classe, les mômes traînaillent ou travaillent. Ils vous dérangent jusqu’à la dépression nerveuse pour vous vendre un paquet de kleenex ou des cartes de recharge. Notre misère est d’abord celle de nos enfants, privés d’enfance à force de trop travailler ou gaspillant leur enfance à trimballer leur connerie pétaradante.

Abdoulaye Sankara




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