Les perles de sankara

Eh Allah, quelle odeur ! Pire que de la viande d’hippopotame pourrie.

0
Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Eh Allah, quelle odeur ! Pire que de la viande d’hippopotame pourrie. L’autre jour, en passant du côté de Kakimbo, j’ai bien failli rendre mes tripes et ma conso semestrielle de gnole. L’enfer doit sentir du pareil au même. Pour traverser la zone, j’ai été obligé de retenir ma respiration et de mettre l’accélérateur de mon tank en position supersonique. Il paraît que c’est l’abattoir qui sent comme ça.

En Guinée, on n’a pas les moyens de se payer une centrale nucléaire pour irradier Conakry, mais on est assez riche pour transformer toute la capitale en oeuf pourri. Je comprends pourquoi les richards qui dorment à Mariador n’ouvrent jamais leurs fenêtres. Ils ne tiennent pas à transformer leur chambre en trou à rat. Moi, j’habiterais par là, j’aurais déjà tout cassé, tout explosé dans une p… de colère salvatrice. L’abattoir et le reste.

Remarquez, je dis ça mais peut-être que je me dégonflerais.
Nos vies sont définitivement polluées. Et s’il n’y avait que quelques gros pollueurs, nous pourrions encore nous en sortir. Mais, il y a aussi toute la somme des petits saligauds dont les actions conjuguées, anodines et quotidiennes contribuent à faire de Conakry un véritable dépotoir. Ceux qui jettent les piles de leurs transistors au hasard. Ceux qui balancent leurs sacs plastiques à tous les vents. Ceux qui ne règlent pas leur pot de bagnoles et qui laissent traîner, sur leur passage, une fumée noire comme le charbon. Ceux qui font caca partout, en désordre. Ceux qui font pipi là où il ne faut pas. Et ceux qui, comme moi, jettent à terre leurs capsules de bière. Tous ceux-là, additionnés, valent assurément autant que quelques gros empoisonneurs industriels.

A LIRE >>  Saperlipopette, quand j’y pense j'aurais mieux fait d'être athlète que journaliste.

Des fois, je rêve. Je retournerais bien au village, là où tout est propre et nature. Cela dure cinq minutes, pas plus. Après je pense à la température de la Guiluxe dans ce monde encore vierge et sans frigo. Pouah !

Finalement, je préfère m’accommoder des cochonneries de Conakry, pouvoir prendre ma voiture, émettre quelques gaz toxiques de plus et aller m’en jeter une bien fraîche au maquis du coin.

Exprimez-vous ! Réagissez à cet article maintenant avec Facebook



Avant que vous ne partiez... Soutenez une information de qualité au quotidien produite par une collaboration unique entre experts et journalistes. Devenez adhérent·e de notre média. Par Orange Money au 620 17 89 30

conakrylemag
Information à la Une en Guinée : l'actualité et l'information en direct sur conakrylemag.com. Infos politiques, internationales, économiques, ... Exprimez-vous ! Réagissez à cet article maintenant avec Facebook ou via le bloc commentaire. N'oubliez pas de partager nos articles merci ! Signalez réagissez : Vous pouvez contacter l’équipe de journalistes qui travaille à conakrylemag.com pour lui soumettre un texte, témoigner de ce qui vous est arrivé, signaler une information, relever une erreur, réagir à une actualité… Contactez-nous 620 17 89 30 en Guinee en France +33 98485752

La mort vient encore frapper à la porte de la RTG : le doyen Abdoulaye Ben Barry s’en est allé

Previous article

En Guinée, si la presse jouit d’une relative liberté, elle gagnerait à être consolidée chaque jour un peu plus.

Next article

Comments

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

You may also like