- La durée du mandat de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois.
La prolongation du mandat présidentiel en Guinée, portée par le projet de nouvelle Constitution soumis à référendum en septembre 2025, vise à étendre la durée de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de transition politique où le gouvernement affirme que ce mandat plus long est nécessaire pour assurer une stabilité politique et mettre en œuvre des politiques publiques durables, un défi qu’un quinquennat (cinq ans) serait trop court pour relever pleinement selon le chef du Conseil national de transition, Dr Dansa Kourouma.
Motivations annoncées
Les autorités guinéennes expliquent que la prolongation du mandat présidentiel s’appuie sur plusieurs logiques :
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Stabilité institutionnelle : Un mandat de sept ans donnerait selon elles plus de temps pour consolider les institutions de la transition, restructurer l’Etat et conduire les réformes nécessaires à la stabilisation du pays.
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Efficacité des réformes : Les gouvernants soutiennent que cinq ans ne suffisent pas pour mettre en œuvre un programme gouvernemental complet, produisant des résultats visibles pour la population, particulièrement dans un pays en phase de réfondation politique et économique.
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Renforcement démocratique formel : Le projet organise également un système parlementaire bicaméral avec la création d’un Sénat et une Cour spéciale chargée de juger les hauts responsables, censés contrebalancer les pouvoirs exécutifs.
Impacts potentiels sur la démocratie
Malgré les arguments officiels, cette prolongation suscite une forte controverse et de vives inquiétudes, qui peuvent affecter profondément le paysage démocratique guinéen :
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Risques d’autoritarisme : L’allongement du mandat est perçu par l’opposition et la société civile comme un moyen de consolider un pouvoir personnel, notamment à travers une possible candidature du général Mamadi Doumbouya, chef de la junte, même s’il a promis initialement de ne pas se présenter.
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Fragilisation du principe de limitation des mandats : En Guinée, comme dans plusieurs autres pays africains, la modification des règles relatives aux mandats présidentiels a souvent été associée à une remise en cause du principe fondamental de l’alternance démocratique, favorisant la prolongation du pouvoir exécutif au détriment de la rotation politique.
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Tensions sociales et politiques : La nouvelle durée du mandat pourrait accroître les tensions entre parties politiques, exacerber les divisions sociales, et renforcer la défiance de la population envers les institutions.
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Contexte restrictif des libertés : Cette réforme intervient dans un climat marqué par des restrictions des libertés publiques, renforçant le scepticisme quant à la tenue d’un référendum libre et transparent.
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Précédents historiques déstabilisants : La Guinée a déjà connu plusieurs modifications constitutionnelles successives qui ont allongé la durée des mandats présidentiels, parfois dans un contexte de tensions et violences politiques. Ces expériences passées montrent que les prolongations peuvent contribuer à affaiblir la démocratie et provoquer de l’instabilité.
Contexte politique et perspectives
La limitation des mandats présidentiels est considérée par les experts comme un pilier essentiel de la démocratie et de la stabilité en Afrique. Leur violation ou leur remise en cause régulière contribue à la corruption, à la réduction des droits civiques, et souvent à la persistance des conflits. En Guinée, le débat reflète ce dilemme classique entre la recherche d’une stabilité politique durable et la nécessité impérative de préserver les principes démocratiques d’alternance et de participation.
La communauté internationale et les observateurs indépendants appellent donc à la vigilance et insistent sur la tenue d’un référendum crédible ainsi qu’un engagement à respecter les droits fondamentaux pour éviter un affaiblissement institutionnel durable.
En résumé, la prolongation du mandat présidentiel en Guinée est motivée officiellement par des raisons de stabilité et d’efficacité dans la mise en œuvre des politiques publiques. Cependant, elle suscite de fortes inquiétudes quant à son impact potentiel sur le fonctionnement démocratique du pays. Cette mesure, dans un contexte de transition politique délicate, pourrait à la fois renforcer le pouvoir exécutif et fragiliser la confiance populaire ainsi que l’équilibre entre institutions, mettant en lumière un défi majeur pour l’avenir institutionnel et politique de la Guinée.
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