
Bafoé décoré : mérites oubliés, services rendus récompensés
Le Général à la retraite Ansoumane Camara, dit « Bafoé », vient d’être élevé à la dignité de grand officier de l’ordre national du mérite par Mamadi Doumbouya. Après l’avoir déjà casé comme ambassadeur en Guinée équatoriale, le chef de la junte ajoute une nouvelle médaille à son palmarès.
Officiellement, cette distinction récompense des « loyaux services rendus à la Nation ». Mais soyons sérieux : de quels services parle-t-on ?
Bafoé, l’homme des régimes en place
Si fidélité au pouvoir en place était une matière enseignée, Bafoé en serait le professeur émérite. Son parcours illustre le modèle parfait du fonctionnaire sécuritaire qui a su s’adapter à chaque régime, peu importe les dérives.
- Sous Alpha Condé, il était l’homme fort de la répression, supervisant la gestion musclée des manifestations.
- Sous le CNRD, il est resté un homme de confiance, jusqu’à son départ à la retraite et sa reconversion en diplomate de luxe.
Le mérite, mais pour qui ?
Si cette distinction devait réellement récompenser le mérite et les services rendus à la nation, alors :
- Où sont les décorations pour les enseignants sous-payés qui continuent d’éduquer malgré des conditions misérables ?
- Où sont les distinctions pour les médecins qui tiennent debout un système de santé en ruine ?
- Où sont les hommages aux jeunes entrepreneurs qui, malgré l’instabilité, tentent de créer de la richesse ?
En Guinée, le mérite est une récompense réservée à ceux qui servent les hommes au pouvoir, pas le pays.
Une transition qui recycle les mêmes méthodes
Mamadi Doumbouya et son régime prétendent rompre avec les pratiques du passé, mais ce genre de distinction rappelle que la Guinée fonctionne toujours sur la base du clientélisme et de la fidélité au chef.
- Bafoé a su être loyal ? Il est ambassadeur.
- Bafoé a bien servi ? Il est décoré.
- Et pendant ce temps, la Guinée va mal, mais l’essentiel est ailleurs : honorer les amis du régime.
Le véritable ordre du mérite guinéen
En réalité, les vrais grands officiers de l’ordre national du mérite ne sont ni décorés, ni nommés ambassadeurs. Ils continuent simplement de lutter au quotidien, loin des ors de la République, dans l’indifférence générale.
Bafoé, lui, peut savourer sa médaille. Les vrais méritants, eux, continueront de se battre sans attendre de récompense.
— conakrylemag




