Les promesses creuses du gouvernement à Tougué : encore des paroles en l’air ?
Les promesses en l’air de Doumbouya : après les discours, où sont les réalisations ?
Encore une tournée de promesses, encore des bénédictions demandées, et toujours aucune réalisation concrète en vue. Cette fois, c’est Tougué qui a droit au grand spectacle des engagements mirifiques du CNRD. Routes, barrage, exploitation minière, développement local… Tout ce qui doit être fait pour Tougué sera réalisé !
Vraiment ?
Si l’on devait croire les discours officiels, la Guinée serait aujourd’hui un modèle de développement en Afrique de l’Ouest. Mais la réalité est tout autre : des promesses sans échéances, des engagements jamais tenus, et une junte qui navigue à vue sans véritable plan structurant.
Bénédictions et terrain offert : le pouvoir s’offre un ancrage local
L’opération séduction est bien rodée. On mobilise les sages du village, on organise des prières en faveur du chef suprême, on lui offre une terre comme un roi auquel on fait allégeance.
En retour, une délégation du gouvernement débarque avec des annonces grandiloquentes, promettant des routes, de l’électricité, des mines, et un avenir radieux… à condition d’être patient et de continuer à prier pour Doumbouya.
Mais soyons sérieux : combien de ces promesses seront effectivement tenues ?
Tougué, comme tant d’autres : oublié après les discours
Depuis l’indépendance, combien de villes guinéennes ont été « bientôt développées » par les régimes successifs ? La technique est toujours la même :
- Un déplacement officiel, une grande annonce, quelques photos bien cadrées pour les médias d’État.
- Des applaudissements, des prières, des sourires… et puis plus rien.
- Quelques mois plus tard, la région est à nouveau oubliée, les habitants livrés à eux-mêmes.
La route Labé-Tougué, par exemple, est une revendication vieille de plusieurs décennies. Combien de chefs d’État ont promis de la réhabiliter ? Pourquoi faudrait-il croire que Doumbouya, en pleine transition incertaine, serait le seul à tenir parole ?
Quant au barrage hydroélectrique de Koukoutamba, son projet traîne depuis plus d’une décennie, sans que rien de concret ne se réalise. Une énième promesse sans garantie ne suffira pas à rassurer les habitants.
De la bauxite… mais pour qui ?
Le passage de Yaya Sow sur la bauxite de Tougué est révélateur. Le CNRD n’oublie jamais d’exploiter les ressources naturelles, mais quand il s’agit de développer les infrastructures ou améliorer le quotidien des populations, il faut « être patient ».
L’exploitation minière en Guinée suit toujours le même schéma :
- Les multinationales sont servies en priorité.
- Les ressources sont pillées sans retombées locales significatives.
- Les populations n’en voient que les nuisances : pollution, dégradation des routes, précarité.
Si Doumbouya et sa clique étaient réellement préoccupés par le développement de Tougué, ils annonceraient des projets concrets, chiffrés, avec des délais précis, et non des vagues promesses conditionnées à des bénédictions divines.
Un régime qui gouverne à coup de discours et de prières
À force de multiplier les tournées de « remerciements » et les sermons sur la patience, le CNRD espère maintenir une illusion de progrès tout en évitant d’être confronté à ses propres échecs.
Mais les prières et les bénédictions ne construiront pas de routes, ne donneront pas d’électricité et ne rempliront pas les assiettes des Guinéens.
À quand un bilan concret, avec des résultats visibles, au lieu d’un énième discours sans lendemain ?
La patience a des limites, et le peuple finira par demander des comptes sur ces promesses en l’air.
— conakrylemag




