Conseil de sécurité autour du président malien Ibrahim Boubacar Keita, le 19 juillet 2016 à Bamako, après l'attaque du camp de Nampala | AFP | HABIBOU KOUYATE
Conseil de sécurité autour du président malien Ibrahim Boubacar Keita, le 19 juillet 2016 à Bamako, après l'attaque du camp de Nampala | AFP | HABIBOU KOUYATE
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Le Mali a rendu hommage jeudi à ses 17 soldats tués dans une attaque « terroriste » à Nampala, dans le centre du pays, et annoncé l’ouverture d’une enquête sur ce meurtre au premier de trois jours de deuil national.

La cérémonie d’hommage a été organisée à Ségou, chef-lieu de la région du même nom à plus de 230 km de Bamako, en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta, des familles et proches des militaires tués mardi par des hommes armés.

« Nous sommes aujourd’hui à Ségou en deuil, pleurant nos enfants tombés au champ d’honneur. Certains avaient 20 ans, d’autres 40 ans. Toute vie n’est pas de dignité, la leur le fut », a déclaré M. Keïta dans un camp militaire.

« Jour et nuit, je remue terre et ciel à dire à nos amis que l’arme aérienne est nécessaire pour notre défense. Nous ne sommes pas fabricants d’armes. Nous avons besoin de solidarité vraie et non +mégotée+ », a-t-il ajouté sans plus de précisions, réclamant, en substance, des moyens aériens supplémentaires pour l’armée malienne.

Des hommes armés ont attaqué mardi le camp militaire de Nampala, à plus de 510 km de Bamako, proche de la frontière avec la Mauritanie. Dix-sept soldats y ont été tués et 35 blessés, selon le gouvernement qui a dénoncé une « action terroriste coordonnée ».

L’attaque a été revendiquée par deux groupes armés, un peul, et un autre, jihadiste, le groupe malien Ansar Dine.

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Quinze des dix-sept soldats tués ont été inhumés jeudi dans un cimetière militaire de Ségou et les deux autres ont été enterrés à Nampala en raison du mauvais état des corps, a indiqué un officier lors de la cérémonie.

Tous les soldats ont été décorés à titre posthume par le président malien qui avait auparavant rendu visite aux blessés admis dans un hôpital de Ségou.

« J’ai perdu mon fils. Il est né en 1993 et c’est mon fils unique. C’est très dur à supporter mais c’est la volonté de Dieu », a déclaré à l’AFP le père d’un des soldats tués.

Dans un communiqué diffusé jeudi, le ministère malien de la Justice a annoncé l’ouverture d’une « enquête préliminaire par le Procureur du Pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, suite à l’attaque perpétrée » à Nampala.

« Le juge d’instruction sera saisi pour mener une information judiciaire de façon diligente et complète », a ajouté le ministère.

A la suite de l’assaut, le président Keïta a décrété un deuil national de trois jours à compter de jeudi. Les drapeaux étaient en berne à Bamako dans plusieurs institutions et à Ségou.

Le gouvernement a également réinstauré l’état d’urgence pour dix jours à compter de jeudi. Cette mesure d’exception était en vigueur d’avril au 15 juillet dernier et n’avait pas été renouvelée à son expiration.

Des groupes armés jihadistes – dont Ansar Dine – ont contrôlé le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, à la faveur de la déroute de l’armée face à une rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Ils ont été dispersés et en grande partie chassés par l’intervention militaire internationale.

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Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le gouvernement, des groupes armés qui le soutiennent et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

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