Mamadi Doumbouya et son « iftar politique » : 25 millions pour la notabilité de Dinguiraye

Mamadi Doumbouya et son « iftar politique » : 25 millions pour la notabilité de Dinguiraye
Le général-président Mamadi Doumbouya a encore sorti le chéquier, cette fois-ci pour offrir 25 millions de francs guinéens à la notabilité de Dinguiraye à l’occasion de la rupture du jeûne. Un geste de générosité ? Un acte de foi ? Ou simplement un énième coup de communication bien calculé ?
En Guinée, ce genre de « cadeaux présidentiels » n’a rien de nouveau. On donne un peu d’argent ici et là, on soigne son image auprès des religieux et des figures d’influence, et on s’assure du silence ou du soutien de ceux qui pourraient critiquer.
Mais au-delà du symbole, il y a une question fondamentale : que valent 25 millions distribués en grande pompe, quand la majorité des Guinéens peine à manger à leur faim ?
Un don symbolique… ou un achat de bienveillance ?
Dans un pays où les hôpitaux manquent de médicaments, où les enseignants sont sous-payés, où les jeunes n’ont aucune perspective d’avenir, voir un chef d’État distribuer de l’argent liquide pour une rupture de jeûne a de quoi interpeller.
- Ce n’est pas avec 25 millions qu’on répare les routes délabrées de Dinguiraye.
- Ce n’est pas avec 25 millions qu’on crée de l’emploi pour la jeunesse.
- Ce n’est pas avec 25 millions qu’on construit un État digne et respecté.
Ce genre de geste, c’est du pur populisme : donner un peu pour éviter qu’on ne réclame beaucoup.
Un rituel bien rodé sous chaque régime
Tous les régimes guinéens ont utilisé cette stratégie du « don présidentiel » pour acheter du capital politique, surtout auprès des notables religieux.
- Sous Lansana Conté, on distribuait des sacs de riz et des enveloppes pour calmer les tensions.
- Sous Alpha Condé, les « fonds secrets » servaient à huiler certaines alliances stratégiques.
- Sous Doumbouya, rien ne change : on donne un peu d’argent, et on espère récolter du silence et du soutien.
Mais le peuple, lui, attend des actes concrets
La vraie question que les Guinéens doivent se poser, c’est : est-ce ce genre de gouvernance qu’ils méritent ?
- Pourquoi les fonds publics ne sont-ils pas investis dans des projets structurants plutôt que distribués comme des aumônes ?
- Pourquoi les priorités du régime semblent se limiter à des opérations de charme alors que l’économie s’effondre ?
- Pourquoi les dirigeants pensent-ils qu’acheter la paix sociale avec des billets suffit à masquer l’absence de vision et de résultats ?
L’aumône présidentielle ne remplacera jamais une vraie politique sociale
Donner 25 millions à la notabilité de Dinguiraye, c’est bien. Mais ce que les Guinéens attendent, c’est un avenir, pas des billets distribués en période de Ramadan.
L’argent finira par être dépensé, mais la pauvreté, le chômage, et la misère sociale resteront.
Ce que Doumbouya doit comprendre, c’est qu’on ne gouverne pas un pays avec des gestes symboliques. On le dirige avec des politiques économiques solides, de la justice et une gouvernance exemplaire.
Mais visiblement, les vieilles recettes populistes ont encore de beaux jours devant elles.
— conakrylemag




