Manipulation diplomatique : la junte guinéenne s’accroche à un prétendu soutien de Trump
L’image d’un régime isolé et prêt à tout pour se maintenir

Manipulation diplomatique : la junte guinéenne s’accroche à un prétendu soutien de Trump
En quête de légitimité internationale, la junte guinéenne n’hésite plus à tordre la réalité pour se donner une stature qu’elle n’a pas. Dernière manœuvre en date : l’invocation d’un prétendu soutien de Donald Trump à Mamadi Doumbouya.
Lors de la Conférence de Munich sur la Sécurité, le ministre des Affaires étrangères guinéen, Morissanda Kouyaté, a affirmé que le président américain en personne apprécierait les « progrès » réalisés par le régime militaire depuis 2021.
« Le président Trump a apprécié le progrès qui se déroule en Guinée depuis 2021 et que le gouvernement américain est prêt à renforcer sa coopération avec la Guinée », a-t-il déclaré sur les antennes de la RTG, la télévision d’État.
Un raccourci grossier, une instrumentalisation diplomatique et, surtout, une absurdité politique.
Entre Trump et la Guinée : un coup de com’ basé sur du vent
D’abord, il faut rappeler une évidence : Donald Trump n’est pas président des États-Unis. Depuis janvier 2021, c’est Joe Biden qui occupe la Maison-Blanche. Alors, d’où sort cette déclaration attribuée à Trump ?
- Trump n’a aucun rôle dans la politique étrangère américaine actuelle et n’a jamais évoqué la Guinée dans ses discours publics récents.
- Le général Michael E. Langley, chef du commandement américain pour l’Afrique (US-AFRICOM), n’a ni confirmé ni infirmé ces propos, laissant planer un doute sur une possible manipulation de la part du régime guinéen.
- Il n’y a aucune déclaration officielle des États-Unis sur un quelconque soutien aux militaires guinéens, et encore moins à une éventuelle candidature de Doumbouya.
La junte en quête de reconnaissance internationale
Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, le CNRD lutte pour exister sur la scène diplomatique. Avec la Communauté internationale qui exige une transition rapide et la CEDEAO qui maintient une pression constante sur la Guinée, la junte tente désespérément de prouver qu’elle a des alliés.
En jouant sur une fausse déclaration de Trump, elle cherche à :
- Se donner une caution américaine pour justifier la prolongation de la transition.
- Convaincre l’opinion publique guinéenne que le régime est respecté à l’international.
- Décrédibiliser les critiques occidentales qui demandent un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Mais cette stratégie de communication repose sur une illusion fragile. Car Washington n’a jamais exprimé un quelconque soutien à la junte. Au contraire, les États-Unis ont maintenu leurs sanctions contre certains membres du CNRD et continuent d’insister sur la nécessité d’une élection crédible et d’une transition apolitique.
L’image d’un régime isolé et prêt à tout pour se maintenir
Ce coup de communication ne trompe personne. La réalité est que le régime de Doumbouya est de plus en plus isolé :
- La CEDEAO maintient la pression pour des élections rapides.
- L’opposition et la société civile dénoncent un agenda caché visant à garder le pouvoir.
- Les partenaires internationaux hésitent à s’engager pleinement tant que la transition ne suit pas une trajectoire claire.
La junte peut bien inventer des soutiens imaginaires et brandir des alliances fantômes, mais aucune mascarade diplomatique ne changera la donne : le régime militaire guinéen est en perte de crédibilité, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
— conakrylemag




