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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Pourquoi nos artisans travaillent-ils comme des cochons ?

« Si votre mission est d’être balayeur de rue, vous devez balayer les rues dans le même esprit que Michel-Ange lorsqu’il peignait ses toiles, que Beethoven lorsqu’il composait ses symphonies, que Shakespeare lorsqu’il écrivait ses drames. Vous devez balayer les rues d’une façon tellement parfaite que chaque passant puisse dire : Ici, c’est un grand balayeur qui a travaillé ; il a bien accompli sa tâche ! ». Ce n’est pas de moi mais de Martin Luther King. Quand je repense à cette citation, une question m’assaille. Pourquoi nos artisans travaillent-ils comme des cochons ? Cette question, je me la pose depuis hier. Je suis rentré du boulot pour constater qu’une fois de plus je m’étais fais baiser. Mal même !
J’avais demandé au menuisier du coin de me construire une porte grillagée pour me protéger des moustiques qui pullulent dans mon sale quartier. Mais le gars était menuisier comme moi je suis Président de la République. Je passe sur les copeaux de bois et la boîte de sardine huileuse que l’abruti a laissés traîner dans mon petit salon. Ma bonne a nettoyé. Comme si elle n’avait que cela à foutre.
Je préfère jeter mon fiel sur l’essentiel. Sa p… de porte et rien, c’est du pareil au même. Elle ne touche pas le sol. Entre le plancher et la boiserie, il y a la place pour passer le goulot d’une bouteille de Guiluxe. Je ne mens pas. J’ai fait l’expérience. Avec une bouteille vide bien sûr…
Même topo entre le mur auquel sont fixés les gonds et la porte. J’en suis certain : dans une semaine, avec l’humidité de l’hivernage, le bois aura joué et alors une bouteille de Guiluxe toute entière pourra glisser du dedans vers le dehors et inversement.
Dans un mois, je pourrais y faire circuler une grande Skol et l’année prochaine une caisse entière. Bref, soit je crève de chaud dans ma case, soit j’ouvre la porte et j’attrape un palu d’enfer.
Finalement, j’ai payé le menuisier. Après tout, il a fait son boulot. Mal, mais il l’a fait. Je ne pouvais rien dire. N’empêche, j’en ai marre de payer pour des produits et des services de pacotille. Marre d’ouvrir mon porte-monnaie pour une compagnie d’électricité qui me coupe le jus à tout bout de champ; ras le bol de régler chaque mois des factures pour une eau qui ne sort jamais du robinet. Marre de payer pour des journaux où il y a des petites annonces à la place des informations et des unités de connexion areeba qui ne durent que le temps de dire ouf.
Mais voilà que tout cela me donne une idée. Puisque n’importe qui peut se prétendre artisan, je vais me faire un peu de pognon. Lundi, je serai plombier; mardi, je m’autoproclamerai mécano; mercredi, je jouerai au docteur… Et si mon menuiser a le malheur de venir me consulter, sûr que je lui injecterai le palu. Et ensuite j’irai voir chez Bacchus si j’y suis. Je m’y trouverai sûrement.

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