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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Pendant les vacances, cette petite armée de morpions vient s’ajouter à tous les autres pauchards et suceurs de riz

A bas les vacances. Pas parce que chez moi la maisonnée est en vacances, mais y a trop de problèmes, j’en ai marre de faire des cadeaux. Chaque année, c’est le même manège. Les nièces, les neveux et les petits cousins défilent dans ma cour. Les gamins s’entachent comme des rats morts. Ils n’ont pas un rond.

Les vacances sans feuilles à Conakry, c’est pas très excitant. Alors, ils viennent taper tonton. Trente mille balles par-ci, cinquante mille balles par-là. Sous prétexte qu’on est du même sang ou du même derrière, ils ne réclament pas. Ils exigent.


Pendant les vacances, cette petite armée de morpions vient s’ajouter à tous les autres pauchards et suceurs de riz de la grande famille qui défilent tout au long de l’année. Parfois, il y a parmi eux des types que je n’ai pas vus depuis 1971. « Ouais, cousin, on est allé à l’école ensemble au bon vieux temps. Après, j’ai voyagé… Sinon, ça va. Bon moi, c’est pas ça… ». Invariablement, le visage du cousin s’assombrit subitement et il me sert la longue litanie des épisodes successifs de sa galère. J’allonge 100.000 balles. 


Ceux que je supporte le moins, ce sont les parents des neveux et des petits cousins de l’hivernage. De janvier à juin, ils se déplacent en personne. Mais pendant les vacances, ils envoient leurs gosses. Sans doute pour m’attendrir. Ils me font penser aux éleveurs qui ne peuvent pas nourrir leurs boeufs en saison sèche. Alors, ils lâchent leurs animaux; livrés à eux-mêmes, les animaux se débrouillent en bouffant dans les champs des voisins. Comme cela, le pauvre éleveur ne dépense rien pour nourrir sa bête.


Quand je leur dis que je suis à sec, ils me répondent que c’est impossible. Je travaille là-bas en haut, donc j’ai les moyens. Mais, pourtant je gagne quatre sous. Le premier va dans le réservoir de ma voiture, le second est empoché par mon logeur et les deux derniers remplissent mon estomac et celui de la famille. Et après, je paye EDG. Si j’insiste, ces vampires me sortent le couplet de la famille. « Ici, on ne fait pas comme des Blancs ». D’accord, on est en Afrique, mais on est aussi dans une p… de ville moderne où il faut parfois payer pour pisser. 


Cette année, je couperai la poire en deux. Je vais rationner : une ampoule de Faxe par trimestre pour le cousin; une rustine par mois pour le vieux; une mèche par an pour chaque nièce et un bon coup de pied au c.. pour les neveux.

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