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Vote du président rawndais Paul Kagame le 18 décembre 2015 à Kigali | AFP | CYRIL NDEGEYA
Vote du président rawndais Paul Kagame le 18 décembre 2015 à Kigali | AFP | CYRIL NDEGEYA

LE RWANDA EN TROIS POINTS-CLÉS

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Le Rwanda, qui élit son président vendredi, est dirigé par le tout puissant Paul Kagame, ex-chef de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir en 1994, mettant fin au dernier génocide du 20e siècle.

Salué pour ses résultats économiques, le gouvernement est critiqué notamment pour son manque d’ouverture politique et ses atteintes à la liberté d’expression.

– Le génocide de 1994 –

Le 6 avril 1994, l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana, de retour d’un sommet régional en Tanzanie portant sur la mise en œuvre d’un accord de paix signé en août 1993 avec la rébellion à majorité tutsi, est abattu.

Le lendemain, la Première ministre hutu modérée, Agathe Uwilingiyimana, dix Casques bleus belges de la Mission d’observation des Nations unies (Minuar) chargés de sa protection et plusieurs ministres de l’opposition sont tués par des éléments de l’armée régulière rwandaise.

Commencent alors les massacres à grande échelle. Les Tutsi sont accusés par le pouvoir extrémiste hutu de collusion avec la rébellion venue d’Ouganda. Le génocide fait, selon l’ONU, environ 800.000 morts entre avril et juillet, essentiellement parmi la minorité tutsi mais aussi les Hutu modérés.

Le 4 juillet, le FPR mené par le Tutsi Paul Kagame s’empare de Kigali. Des centaines de milliers de Hutu fuient vers le Zaïre voisin (aujourd’hui République démocratique du Congo, RDC), tandis que la France met en place, avec le feu vert de l’ONU, une opération militaro-humanitaire « Turquoise », qui lui vaudra d’être accusée par le FPR de protéger les génocidaires.

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Un Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est créé en novembre 1994 par l’ONU en Tanzanie pour juger les responsables du génocide. Il fermera en décembre 2015 après avoir prononcé plusieurs dizaines de condamnations.

Au Rwanda, près de deux millions de personnes sont jugées par des tribunaux populaires, les « gacacas ». Et des procès ont lieu dans plusieurs pays occidentaux dont la Belgique et la France.

– Un pouvoir hégémonique –

En 2000, après la démission du président Pasteur Bizimungu, Paul Kagame, jusque-là vice-président et ministre de la Défense, lui succède. Il remporte les présidentielles de 2003 et 2010 avec plus de 90% des voix.

Il est crédité de nombreuses avancées mais régulièrement accusé de dérive autocratique. A l’approche de la présidentielle, Amnesty international dénonce un « climat de peur » et les attaques répétées depuis 20 ans contre l’opposition, les médias et les défenseurs des droits de l’Homme.

La communauté internationale, Etats-Unis en tête, a sévèrement critiqué la réforme constitutionnelle permettant à Paul Kagame de briguer un troisième mandat, voire plus.

Des opérations chez ses voisins ont aussi été dénoncées. Le Rwanda a envoyé des troupes en RDC à plusieurs reprises et y a soutenu plusieurs rébellions. L’ONU et les États-Unis l’ont aussi accusé de chercher à « déstabiliser » le Burundi.

– Croissance forte –

Enclavé au cœur de l’Afrique, dans la région des Grands Lacs, le « pays des mille collines » compte 12,2 millions d’habitants selon la Banque africaine de développement (BAD) pour une superficie de 26.000 km2. C’est le pays le plus densément peuplé d’Afrique subsaharienne. Sa population, répartie entre Hutu (majoritaires), Tutsi et Twa, dépend surtout de l’agriculture.

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Cet ancien État monarchique a été colonisé par l’Allemagne en 1898, puis placé sous tutelle belge en 1922. Il est devenu indépendant en 1962. Grégoire Kayibanda, premier président, a été renversé en 1973 par le général Juvénal Habyarimana.

Le Rwanda a connu une croissance « robuste » de 7,9% entre 2000 et 2015 selon la BAD. Il se prévaut d’être le pays africain qui a le plus fait reculer la pauvreté depuis 2005, le taux de pauvreté chutant de 56,7% en 2005-2006 à 39,1% en 2013-2014.

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