Très sérieusement, j’ai envie de m’en aller loin, très loin, quelque part à Koundara
Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Très sérieusement, j’ai envie de m’en aller loin, très loin, quelque part à Koundara

Avec des désagréments à ne plus en finir, la galère et la pluie qui se sont ajoutées à mon quotidien, j’ai maintenant toutes les raisons de déménager de cette ville. Très sérieusement, j’ai envie de m’en aller loin, très loin, quelque part à Koundara pour vivre tranquille au moins.

J’en ai marre de subir les ennuis de ces bamboulas successives qui ne changent rien ni à ma vie ni à mon environnement.
Depuis une semaine, pour aller de mon quartier au centre-ville, je devais brûler plus de carburant que d’habitude parce les rues étaient barrées.

Je ne comprends pas pourquoi je devais payer le prix des préparatifs de ce foutu défilé alors que personne ne se souciera de me dédommager. Sapristi! J’avais du mal à comprendre que dans ce pays où on nous chante la pauvreté à longueur de journée, on puisse gaspiller autant de temps, d’énergie et d’argent pour organiser une simple fête de l’indépendance.
Je n’ai rien contre les fêtes, mais je veux bien que ces interminables réjouissances aient un sens pour moi.

Peut-on s’imaginer que nos «ancêtres», les Gaulois, bouclent les Champs-Elysées pendant trois jours pour fêter leur indépendance ? A quoi rime toute cette pagaille homologuée qui ne profite qu’à quelques enfoirés qui n’ont rien à foutre ?

Tenez. Toute la semaine, je ne demandais qu’à circuler librement pour aller chercher ma pitance d’un bout à l’autre de la ville. Hélas, non seulement j’ai dû gaspiller mon jus à tourner en rond dans les déviations, mais en plus il était impossible de rencontrer tous ceux que je cherchais à rencontrer.


Même ceux qui n’avaient rien à voir avec le défilé ont déserté leurs bureaux pour aller boire ailleurs. Qui est fou? Lorsque la République emménage pendant plusieurs semaines dans la rue pour préparer une fête qui ne dure que quelques heures, il y a de quoi aller s’occuper à des choses plus utiles.

Les gérants de bars et de maquis sont, eux au moins, suffisamment intelligents pour le comprendre. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que certains sont prêts à consentir tous les sacrifices pour faire renaître même les maquis cramés de leurs cendres. C’est la preuve que même si ce pays pue la pauvreté et qu’on ne s’y emmerde pas beaucoup pour bosser, on ne se dérange pas pour organiser des fêtes tout le temps et surtout pour boire.

Au regard des fêtes qui s’intercalent entre les grèves des syndicats, il ne reste plus qu’à décréter le mois d’octobre chômé et payé pour les fonctionnaires. Et de baisser le prix de la bière, sur toute l’étendue du territoire, pour mon plus grand plaisir. Bonne fête de l’indépendance.

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