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Le seul endroit où je puisse me permettre de me mettre à table, c’est bien au comptoir de Pyabounyi.

Le seul endroit où je puisse me permettre de me mettre à table, c’est bien au comptoir de Pyabounyi.

A cette veille de fêtes, j’aurais bien voulu être occupé par une cuisse de poulet bien pimentée à la main droite et un verre débordant de Guiluxe à la gauche. Mais rien de tout cela. Je ne sais même pas comment je vais me gérer.


Je suis obligé d’attendre ma maigreur de salaire, d’en déduire toutes les dépenses incompressibles, avant de voir si je peux m’offrir le plaisir de faire la fête. Evidemment, ne comptez pas sur moi pour vous inviter à ma table. Je n’en ai même pas. Le seul endroit où je puisse me permettre de me mettre à table, c’est bien au comptoir de Pyabounyi. 


Si seulement je pouvais aller me cacher au village pour voir passer les fêtes, ce serait une bonne retraite spirituelle pour moi. Mais hélas. Le seul cousin qui me reste encore au village vient de perdre le réseau. Non pas qu’il soit devenu maboul ou toc-toc, mais parce que le cellulaire recyclé que je lui ai envoyé pour maintenir le contact avec lui ne fonctionne plus. L’enfoiré a dû le laisser tomber dans un verre plein de bière. Le séjour a été fatal au cellulaire. Et pour notre connexion aussi. 


Le salopard m’a fait dire qu’il attend toujours que je lui achète maintenant un iPhone. Comme quoi, le gaou a percé. Il ne veut pas seulement parler au téléphone, il veut pouvoir se connecter, aller sur Facebook, m’appeler par Viber, et tout et tout. Et pouvoir lui aussi avoir accès aux écoutes téléphoniques qui sont postées sur le Net. Rien que ça. Comme tous ces enfoirés qui veulent progresser en comptant sur la poche des autres, mon cousin veut me ruiner pour être à la mode. 


Et moi, je ne suis pas aussi con pour acheter un iPhone à un bougnoule qui ne sait même par lire et écrire. Et qui habite dans une bourgade où il faut grimper sur un arbre pour avoir le réseau. En plus, il n’y a ni chargeur solaire ni électricité en vue. Je préfère donc garder mes pauvres sous pour m’offrir une bonne Guiluxe et du poulet rôti les 24 et 31 décembre.

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