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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Soyons plus sérieux. De la contradiction naît la discussion qui engendre une richesse d’idées.

Ça n’a malheureusement pas été le cas et ce n’est toujours pas totalement le cas aujourd’hui. Les gens arrivent journalistes dans les organes de presse et finissent courtisans et porte-sacoches des bonzes politiques.

Si ce n’est du côté du pouvoir, c’est du côté de l’opposition qu’on les recrute. Le recrutement réussit tant et si bien qu’au lieu de concurrence loyale, de simples désaccords, de différences de points de vue, nous nous sommes laissé emporter par des lignes politiques.

Chaque journaliste, comme tout citoyen, a le droit d’avoir sa sensibilité politique. Mais quand la sensibilité écrase l’éthique, le journaliste se transforme en pantin que les politiques voraces s’empressent de traîner derrière eux. Tout homme politique aspire à créer un « parc » de courtisans dans lequel il comptera des journalistes attachés à ses basques.

Nous avons été et nous sommes des victimes consentantes. Nous ne possédons aucune corde de solidarité professionnelle. Nous ne pouvons pas nous lever comme un seul homme pour de grandes questions qui nous interpellent. Nous subissons chacun de son côté les effets pervers de notre dévouement à des unités politiques.

Indépendamment des ouvertures et clôtures de séminaires, nous ne pensons pas ensemble sur ces grandes questions comme une autre vision de la lutte contre la pauvreté, l’impunité, la corruption. C’est cette passivité ou un réveil souvent désordonné qui affaiblit le quatrième pouvoir. Une faiblesse qui expose au jugement assassin de n’importe qui ayant un peu d’argent et se jugeant bafoué dans un journal ou sur des antennes.

Si au lieu d’être observateurs passifs nous avions tous suivi le sujet de l’assassinat de Koula, nous aurions certainement contribué non pas à banaliser le dossier, mais surtout à le garder dans le strict couloir d’un fait d’actualité à suivre quel que soit le genre utilisé. Quel que soit la couleur de la rédaction.

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On n’aurait pas « contraint » des criminels apeurés à écrire l’inoubliable roman du drame du siège de l’UFDG. Koula ne serait pas mort comme ça, emportant avec lui une partie de notre personnalité professionnelle. Une personnalité qui, justement, n’a jamais été très visible parce que constamment écimée par le sécateur politique. Nous n’avons donc attendu que l’assassinat pour sursauter avec d’autres personnes physiques et morales, toutes opinions confondues, dont le souci était loin d’être « justice pour Koula ».

Oublions donc que Koula n’était pas du même bord, de la même sensibilité politique que x et y. Faisons table rase des esprits de camp et parlons du journalisme.

Rien que du journalisme qu’on aurait dû faire pour aider jusqu’aux assassins d’hier qui le sont encore aujourd’hui. Ces derniers ne seraient pas allés jusqu’à saluer sa mémoire si tous les clochers sonnaient en même temps dans la presse.
Comme on peut le voir, le conditionnel tue.

« On aurait pu », « on aurait dû », des expressions devenues inutiles. Nous avons quand même un nuage bleu dans notre ciel noir. Depuis la mort de Koula, les journalistes ne laissent plus passer les écarts des hommes et des femmes qui ont choisi ce métier certes beau, mais ingrat quand les cartes sont brouillées.

Profitons donc de cet élan, le seul positif pour sursauter afin qu’il n’y ait plus d’autres Koula. La vraie liberté de la presse n’est pas garantie par les textes.

Elle s’acquiert et se conserve dans un concert professionnellement bien rythmé. Ce sursaut est nécessaire mais il faudra d’abord que les uns et les autres se décollent de leurs piliers politiques éphémères pour qu’on s’entende sur la molécule de bon sens professionnel. Il faudra dans cette entreprise, écraser des cancrelats du métier, mais que voulez-vous, on ne peut faire d’omelette sans casser des oeufs.

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Cette réflexion est un mea culpa. Elle voudrait aussi que l’opinion nationale sans nous applaudir, nous jette une fleur. Une seule. Celle du courage de reconnaître qu’à un moment, le journaliste que je suis, a failli, ma passivité ayant tué Koula. En tout cas, elle y a beaucoup contribué. C’est comme si je l’avais tué. D’autres corps de métiers auraient intérêt à faire comme nous.

La reconnaissance des erreurs grandit l’homme et ennoblit la nation. Tiens ! C’est de moi ça.

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