Si je suis aigri, il y a plusieurs raisons.
Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Si je suis aigri, il y a plusieurs raisons.

C’est vrai qu’il y a mon voisin, le pondeur d’idioitisme qui fait attention à tout ce qui se passe dans ma maisonnée, mais ce n’est pas ça seulement. J’ai besoin de cadre de vie décent à la maison comme au maquis. Il y a des fois où j’en viens à rêver de prendre ma boisson sur une belle table de bois verni, dans un maquis recouvert de carrelage blanc et entouré de rosiers rouges. Les serveuses porteraient des gants en latex, des petites jupes qui laissent entrevoir des jambes qui n’en finissent pas, et des tuniques immaculées, un peu comme dans un hôpital.


J’en ai ras-le-bol de la crasse. Nous sommes à la saison des pluies et les maquis sont sales comme des derrières de cochons. Même mes maquis préférés me dégoûtent. Désormais, je ferme les yeux pour avaler mon coca.


Le maquis où je me trouve présentement est bien dégueulasse. Il est 15 heures 50 ce vendredi dans le pays de Bachir Sylla et pour passer le temps, j’ouvre les yeux et établis un inventaire précis du petit monde de bordobarda qui se trouve à mes pieds.

Il y a, dans l’ordre : des capsules, des coques d’arachides, des plumes de poulets, des os ayant appartenu à différents animaux domestiques, des capotes utilisées, une vieille boîte de cirage, des mégots, des sachets plastiques usagés, des pelures d’oignons, des arêtes de poisson et un cadavre de repose-pieds.

J’espère que je n’ai oublié personne. Sur la table, ce n’est guère mieux. Les mouches prennent leur envol sur de petits lacs de graisse et le vent a miraculeusement oublié d’emporter un poil laissé là par le client précédent. 


Il y a ici assez de microbes pour décimer la moitié de Conakry. Et finalement, tout le monde s’en fout. A commencer par la patronne du maquis. Pas plus tard qu’hier, elle a réprimandé une petite fille. La môme est venue jeter un sceau d’eau dans le caniveau qui longe le maquis.

La vieille lui a dit tout de go que c’est précisément dans ce caniveau qu’elle entreposait ses ordures et qu’elle attendait qu’une grosse pluie vienne tout emporter. En attendant donc l’orage nettoyeur, il ne fallait surtout pas jeter d’eau car cela risquait d’accélérer la pourriture de la décharge. En d’autres termes, elle lui conseillait gentiment de ne pas venir salir ses ordures propres. Mais pourquoi nos gens tiennent-ils absolument à partager leurs crasses avec les autres ?


La patronne du maquis pourrait garder ses poubelles chez elle, dormir avec si cela lui chante. Mais non, elle tient absolument à exhiber ses rogatons. Je cherche mais je ne comprends toujours pas. Et puisqu’elle semble tant aimer la pourriture, la prochaine fois, je réglerais ma note avec mes restes de poulet.

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