Par ces temps difficiles où la mousse coule de moins en moins dans mon gosier, j’ai choisi de m’éclipser un peu des bars et maquis.

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Par ces temps difficiles où la mousse coule de moins en moins dans mon gosier, j’ai choisi de m’éclipser un peu des bars et maquis. Quand on s’assure à peine la conso, il vaut mieux ne pas trop s’exposer à la rapacité des profiteurs qui pullulent dans ces coins-là. C’est désormais le chacun s’assoit et Dieu le pousse. Il vaut mieux les éviter pour ne pas mettre le fond de sa poche en difficulté. Si jamais tu tombes sur des mendiants larmoyants, alors, là, c’est foutu pour toi.
Et moi j’ai eu la chance de tomber, le week-end dernier, sur une jolie tantie qui m’a proposé de déjeuner dans un restaurant classe de la capitale. Naturellement, j’ai accepté l’invitation sans trop réfléchir. Surtout que j’avais l’intime conviction que c’était elle qui allait régler l’addition. J’ai pris le soin de cirer mes vieilles godasses pour ne pas paraître gaou à côté d’elle. C’est une dame de la high society, il ne fallait surtout pas paraître ridicule en sa compagnie. Qui est fou ! Comme cela ne m’arrive pas souvent, j’ai bien noté l’heure du rendez-vous et je me suis fait l’obligation de me pointer à l’heure pile et poil. Il ne fallait surtout pas être en retard, pour ne pas donner mauvaise impression à la nana.
J’étais tellement excité par ce déjeuner galant que je suis arrivé légèrement avant l’heure. J’ai fouiné dans le restaurant climatisé, mais il n’y avait point de dame. Cela m’a quelque peu troublé, mais j’ai vite mis ça sur le compte d’un petit retard. J’ai tapé une marche arrière stratégique, en faisant semblant de téléphoner pour ne pas paraître comme quelqu’un de perdu. Je tentais de maîtriser la situation, mais au fond de moi j’étais mal à l’aise. J’ai donc choisi d’appeler la fameuse tantie pour en avoir le cœur net. Mais, zut : «Vous n’avez pas assez de crédit pour effectuer cet appel», m’a rappelé la voix suave de mon téléphone. J’étais donc dans de sales draps.
C’est alors que j’étais complètement confus que mon ‘’circulaire’’ a vibré. C’était elle. C’était pour m’annoncer que je pouvais m’installer dans le restau climatisé et commencer à consommer ce que je voulais. Après un gros ouf de soulagement, j’ai enfin pris place et j’ai lancé la commande d’une mousse bien tapée. Pour ne pas faire dans les détails, j’ai demandé à l’enfoiré de serveur qui tournait autour de moi de m’envoyer des olives. J’étais aux anges. Du moins, jusqu’à ce que le même bougnoule vienne m’annoncer que son patron lui avait intimé l’ordre d’éteindre le climatiseur parce que ma consommation était trop faible. Sans autre forme de procès, il a mis fin à sa foutue clim.
C’est à grosses gouttes que j’ai dû attendre ma convive pour me délivrer de cet enfer. Je n’ai pas osé lui souffler un seul mot du calvaire de ma très longue attente. L’essentiel était qu’elle règle la note de la boisson et que je recouvre ma liberté pour aller me taper un bon lafidi dans mon quartier.

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