Tensions commerciales : Pékin met en garde Washington contre l’escalade des droits de douane
Tensions commerciales : Pékin met en garde Washington contre l’escalade des droits de douane
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine connaît un nouveau regain de tensions. Face à la décision de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises, Pékin exprime son inquiétude et appelle au dialogue.
Pékin hausse le ton
Ce vendredi, l’émissaire chinois pour le Commerce, He Lifeng, s’est entretenu avec le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, pour dénoncer les mesures restrictives prises par Washington. Selon la télévision publique chinoise CCTV, He Lifeng a fait part de ses « sérieuses préoccupations » face à l’augmentation des taxes sur les biens chinois.
Un message qui fait écho aux propos du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, qui avait déclaré la veille que « les guerres commerciales et douanières ne font pas de gagnants et nuisent aux intérêts des peuples du monde entier ». Pékin exhorte ainsi Washington à privilégier le dialogue et le respect mutuel pour résoudre leurs différends économiques.
Un échange sous tension, mais la porte reste ouverte
D’après CCTV, les discussions entre les deux responsables ont permis d’aborder des questions économiques majeures et la mise en œuvre d’un consensus potentiel entre les deux puissances. Les deux parties ont reconnu l’importance de leurs relations économiques et commerciales et se sont engagées à maintenir la communication.
L’appel aurait été initié par Scott Bessent, signe que les États-Unis cherchent à maintenir un canal de discussion malgré la pression exercée sur Pékin.
Trump cible en priorité la Chine
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a fait des droits de douane un levier clé de sa politique économique, visant à réduire le déficit commercial des États-Unis. Début février, il a imposé une taxe supplémentaire de 10 % sur l’ensemble des importations chinoises.
Avec un excédent commercial de 295,4 milliards de dollars vis-à-vis des États-Unis en 2024, la Chine est la première cible de cette stratégie protectionniste. Pourtant, le président américain a laissé entendre cette semaine qu’un accord commercial avec Pékin restait possible.
En représailles, Pékin a instauré des taxes de 15 % sur le charbon et le gaz naturel liquéfié (GNL) américains, et de 10 % sur le pétrole, les machines agricoles et certains véhicules. Des mesures plus limitées, mais qui illustrent la volonté chinoise de riposter sans envenimer la situation.
L’UE appelle à la désescalade
Les tensions sino-américaines ne laissent pas l’Europe indifférente. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a rencontré jeudi le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick. L’UE plaide pour une réduction globale des taxes à l’importation, estimant que cela serait bénéfique pour les entreprises et les consommateurs des deux côtés de l’Atlantique.
Toutefois, Bruxelles met en garde contre les effets négatifs d’un échec des négociations, qui pourraient pénaliser l’économie mondiale.
Avec ces nouvelles tensions, un bras de fer commercial semble inévitable, mais la diplomatie pourrait encore éviter une escalade aux conséquences imprévisibles.
— conakrylemag




