Une plainte contre X… mais X est connu de tous
Le CNRD pourra-t-il continuer à jouer la comédie ?

Kidnapping d’Abdoul Sacko : une plainte contre X, mais contre qui réellement ?
L’affaire Abdoul Sacko continue de secouer la Guinée, et cette fois, Me Almamy Samory Traoré annonce qu’une plainte contre X sera déposée. Une initiative qui, sur le papier, semble être une avancée, mais dans un pays où la justice est aux ordres du pouvoir, peut-on espérer un quelconque aboutissement ?
Car soyons sérieux : qui ignore encore qui sont les vrais commanditaires de ces enlèvements ciblés ?
Depuis des mois, des activistes, des opposants et des journalistes sont kidnappés, torturés, puis relâchés dans des conditions effroyables. Et pourtant, aucune enquête sérieuse n’a jamais abouti, aucun responsable n’a jamais été inquiété.
Alors, cette plainte sera-t-elle un acte de justice ou juste une formalité juridique sans lendemain ?
Un régime qui « ignore » ce qu’il orchestre
Le kidnapping d’Abdoul Sacko n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une série d’enlèvements ciblés orchestrés pour faire taire les voix dissidentes.
- Foniké Mengué et Billo Bah enlevés en pleine nuit.
- Des journalistes menacés et arrêtés.
- Des figures de la société civile constamment traquées.
Et à chaque fois, le gouvernement fait semblant de découvrir ces actes avec étonnement, alors même que tout porte à croire qu’ils sont organisés par les mêmes cercles du pouvoir.
Car soyons clairs : dans un État où tout est sous contrôle militaire, où aucun mouvement politique n’échappe à la surveillance, comment expliquer que des hommes armés circulent librement pour enlever des opposants sans que les autorités ne bougent ?
Ce silence complice n’est-il pas la preuve que ces actes sont couverts, voire commandités, par le régime ?
Une plainte contre X… mais X est connu de tous
Me Samory et ses confrères comptent déposer une plainte contre X. Très bien. Mais contre quel « X » exactement ?
- Les ravisseurs masqués qui exécutent ces basses besognes ?
- Les officiers de sécurité qui ferment les yeux, voire participent à ces opérations ?
- Les hauts responsables du CNRD qui donnent les ordres en coulisses ?
Parce qu’il ne faut pas se mentir : ce n’est pas un groupe de bandits de grand chemin qui enlève les opposants en pleine nuit. Ce sont des hommes protégés, qui agissent en toute impunité.
Et dans une Guinée où les magistrats sont sous pression, où les enquêtes dérangeantes sont enterrées, où les décisions de justice sont dictées par le sommet, quel procureur osera mener une véritable investigation ?
Le CNRD pourra-t-il continuer à jouer la comédie ?
Le régime de Doumbouya joue un double jeu dangereux :
- Faire semblant d’être un État de droit, en laissant les avocats déposer des plaintes et en promettant des enquêtes.
- Continuer à terroriser la population, en envoyant ses sbires éliminer toute opposition dans l’ombre.
Mais cette stratégie ne peut pas durer éternellement.
- Un régime qui a besoin de la peur pour gouverner finit toujours par s’effondrer sous son propre poids.
- Un pouvoir qui enlève ses opposants finit toujours par être abandonné, même par ceux qui le soutiennent aujourd’hui.
- Un dirigeant qui réprime son peuple sous-estime toujours la capacité de ce dernier à se révolter.
Plainte ou pas, l’histoire retiendra les coupables
Me Samory a raison de déposer cette plainte. Mais il sait pertinemment qu’elle risque d’être classée sans suite.
Ce n’est pas dans les tribunaux de Conakry que la vraie justice se fera.
La vraie justice, ce sera lorsque les Guinéens, excédés par la terreur et les abus, décideront que trop, c’est trop.
Ce jour-là, les auteurs et commanditaires de ces actes ne pourront plus se cacher derrière des masques ou des X anonymes. Leurs noms seront connus, et ils devront répondre de leurs crimes.
— conakrylemag




