Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara
Temps de lecture : 2 minutes

Wallaye bilaye talaye, j’en ai marre de la danse « d’un pas en avant et deux pas en arrière » que m’impose le pays. Non contents de nous faire tourner en rond, les ventrus qui nous gouvernent continuent de nous faire miroiter un espoir au goût plutôt amer.

Tenez, depuis quelques semaines, j’ai choisi de faire du business sur Internet. Un de mes vieux potes qui était parti en aventure au pays de l’Oncle Sam m’a envoyé un vieil ordi pour démarrer. C’est justement au moment où je devais me lancer que, plouf, la connexion Internet est devenue impossible dans mon quartier.

Les premiers jours, j’ai cru que c’était mon ordi de seconde main qui avait du mal à détecter le signal. J’ai même failli le casser à force d’impatience. Heureusement que j’ai eu le réflexe de me renseigner auprès du faux-type qui vient farfouiller dans les machines de mon service. C’est finalement lui qui m’a informé sur la panne généralisée d’Internet. Il paraît même que certains quartiers de Conakry sont complètement hors réseau, y compris avec le téléphone androïde.

Voilà qui fout mon idée d’entreprise virtuelle en l’air. Moi qui voulais créer un site où je peux tout vendre, y compris les moutons pour la prochaine tabaski, je dois encore attendre que ce foutu Internet revienne en vie. Je fondais l’espoir de me libérer enfin de mon foutu boulot et de son salaire de misère pour m’installer à mon propre compte, mais je dois encore patienter. Jusqu’à quand ? Je ne sais pas. C’est ce qui me fait le plus mal.

A LIRE >>  Et pourtant, Dieu seul sait que j’ai besoin de calme. Un peu de calme !

Comment peut-on émerger dans ce pays où la seule chose qui marche, ce sont les discours vaseux ? Tout est bon pour nous rouler dans la farine. Quand j’ai vu créer un ministère chargé de «l’Economie numérique», je me suis dit qu’enfin, je pourrais installer mon bureau dans un maquis, gérer mes affaires en permanence connecté à ma bouteille de Guiluxe transpirante.

Mais il a suffi que j’essaie de démarrer pour me rendre compte que cet espoir n’était que du vent. Pouah ! Le chemin de mon émergence est encore long et je dois m’en aller boire ailleurs. Hic !

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