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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Il y a quelque chose qu’il faut qu’on se dise les yeux rouges dans les yeux rouges.

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C’est notre manque de réaction. En effet nous avons pris l’habitude de ne pas réagir, un peu comme si nous n’étions pas concernés par ce que nous voyons, par ce que nous vivons. Un abruti se comporte mal en circulation, on peste quelque peu et on circule; après, se dit-on, on n’est pas de la police routière.

Tous les fonctionnaires (ils sont nombreux) savent que lorsqu’il faut faire avancer un dossier dans l’administration, il faut graisser la patte de l’abominable commis de l’État qui a le Pouvoir (avec un P majuscule) de le faire. Tout le monde condamne la pratique mais, dans les faits, tout le monde met la main à la poche pour « faciliter ».

Dans ces conditions, les sangsues auraient tort d’arrêter de sucer. Il n’y a pas meilleure victime qu’une victime consentante. Tous ceux qui sont en fin de carrière et qui doivent faire valoir leur droit à la retraite font connaissance avec le vrai visage (hideux) de l’administration publique.


Le pire, c’est que, partout, on s’arroge un droit de fonction. Le petit flic de commissariat règne sur le quidam qui vient déposer des dossiers pour sa carte d’identité. L’infirmier Tartampion est maître dans le dispensaire ou à l’hosto. Vous avez intérêt à fermer les yeux sur son petit trafic de médicaments extorqués aux malades sinon votre malade va mourir la gueule ouverte par manque de soin. C’est comme ça et pas autrement. Et tout le monde joue le jeu, en grinçant des dents, mais en silence.

Y a-t-il seulement quelqu’un dans ce pays qui sait ce que signifie service public ? Faut-il se saigner pour honorer les ordonnances kilométriques si l’infirmier de service utilise la même paire de gants en latex pour tous les malades de son pavillon, afin de pouvoir revendre les gants achetés par les autres malades ? Hypocrate doit se retourner dans sa tombe.


Le pire, c’est lorsque vous êtes obligé de débourser pour une poche de sang à la banque du même nom, sachant que cette poche provient des veines d’un donneur anonyme, certes, mais surtout bénévole. En clair, « on vole le sang du bénévole ». Un beau slogan pour les banques de sang du pays. 


A Kindia, un accompagnant a récemment payé pour trois poches de sang (sans reçu, évidemment) pour finir par donner son propre sang et celui d’autres amis disponibles. Il est facile, dans ces conditions, d’indexer la direction de l’hôpital X ou Y, mais que peut faire le malheureux dirlot vu que ce type de transaction se fait sans trace, discrètement entre le malade (ou son accompagnant) et l’infirmier-sangsue ?

Aucune action, aucune sanction, aucun exemple n’est envisageable tant que cette loi du silence ne sera pas rompue par les acteurs anonymes que nous sommes tous au quotidien. L’impunité que nous dénonçons tous les jours a plusieurs visages. Le plus simple serait peut-être que chacun balaye d’abord devant sa porte.

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