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Alpha Condé est sur les traces de Mamadou Tandja l’ancien président du Niger.

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    Notre Mamadou Tandja!!!

    Alpha Condé est sur les traces de Mamadou Tandja l’ancien président du Niger. Les similitudes sont frappantes à la seule différence que le parlement, la Cour Constitutionnelle et l’armée du Niger, n’ont rien à voir avec le parlement, la Cour Constitutionnelle et l’armée de Guinée.

    Mamadou Tandja, sans doute enivré par les délices du pouvoir et les bonnes perspectives du secteur minier, il ne s’est pas résolu à laisser ce pactole à ses successeurs. Il lui fallait une présidence à vie. Il venait de signer un contrat pétrolier de 5 milliards de dollars avec le mastodonte chinois CNPC et la française AREVA promettait d’investir 1,2 milliards d’euros dans une nouvelle mine d’uranium. Il avait donc de l’argent pour passer outre les menaces de sanctions financières de l’UE et d’autres bailleurs de fonds.

    Mais, il a dû faire face à de fortes résistances intérieures. Arrivé au terme de son deuxième et dernier mandat, la Constitution ne lui permettait plus de briguer un troisième mandat. Que cela ne tienne, il lance un projet de réforme constitutionnelle pour proroger son mandat de 3 ans et supprimer le verrou de limitation du nombre de mandats présidentiels. Le parlement (dominé par son propre parti) s’oppose à son projet, il le dissout. La Cour Constitutionnelle a émis un avis défavorable à la tenue d’un référendum, en estimant que l’article 49 de la Constitution sur lequel il veut s’appuyer ne peut servir de fondement à un changement de la Constitution (exactement comme l’article 51 invoqué par les juristes du pouvoir en Guinée).

    Elle précise dans son arrêt : “Le président de la République ayant juré de respecter et de faire respecter la Constitution, ne saurait engager ou poursuivre le changement de cette Constitution sans violer son serment “. Cette jurisprudence peut parfaitement s’appliquer dans notre cas. Il suspend la Cour Constitutionnelle, puis y nomme des personnalités plus accommodantes. Ayant les coudées franches, il organise son référendum constitutionnel (qui obtient 92% de oui), et dans la foulée les élections législatives (boycottées par l’opposition).

    Il pensait désormais être le seul maître à bord du navire Niger, mais il restait le troisième acteur majeur de la scène politique : l’armée. Il pensait la tenir solidement en main en ayant arrosé d’argent et de privilèges ses principaux officiers supérieurs. C’est cette armée consciente d’être le dernier rempart de protection de la démocratie naissante, qui l’a déposé et rétabli l’ordre constitutionnel. Triste fin de parcours pour lui.

    Alpha Condé, quant à lui, a domestiqué tous les autres pouvoirs (Législatif et Judiciaire). Il a fait débarquer sans ménagement le président de la Cour Constitutionnelle, notre regretté Kèlèfa Sall, qui était fermement opposé à son projet de 3 ème mandat. Il a écarté les officiers-généraux de l’armée dont il se méfiait.

    Aujourd’hui, il est décidé à aller jusqu’au bout pour s’offrir cette présidence à vie afin d’assouvir son ambition dévorante de pouvoir et sa soif inextinguible de richesses. Il n’y a que le pouvoir qui l’intéresse, il ne porte aucune vision, aucun projet de développement du pays. Mais, il semble minimiser un quatrième acteur : la jeunesse.

    Comme au Burkina, c’est cette jeunesse qui le fera chasser du pouvoir.
    Les Français et les Américains ont conseillé à Compaoré de ne pas y aller, il lui a même été proposé des points de chute à l’international dignes d’un président de son rang, rien n’y fait, il était persuadé qu’il tenait bien son affaire. C’est à peu près la même chose pour Alpha Condé, mais lui se rebiffe et proclame crânement que c’est au peuple souverain de Guinée d’en décider. Il est frappé de surdité, « siiba tuli muna ».

    De son côté, son premier ministre peut toujours recevoir théâtralement des personnes acquises à leur cause, ça n’aura aucune incidence sur la fin programmée de leur pouvoir. C’est fini.

    “Ceux qui luttent, sont ceux qui vivent “.


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