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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

La circulation à Conakry, c’est plus possible. C’est la guerre.

C’est vrai, j’en ai déjà parlé. Mais, il faut que j’en remette une petite couche. Après tout, c’est une question de vie ou de mort. La circulation à Conakry, c’est plus possible. C’est la guerre.

C’est n’importe quoi. Je vois cinq accidents par jour. Chaque fois que je prends ma voiture pour aller faire le bouche-à-bouche avec une bonne bière, je croise de la ferraille tordue, des chairs écorchées, des gens en pleurs ou en fureur. J’ai peur. Je suis révolté. J’en ai marre. Bon Dieu de bon sang !


Je ne sais pas ce qui me fiche le plus hors de moi. Il y a le 4X4 arrogant qui file à 120 à l’heure, prend les autres pour des poulets ou pour des cons – c’est selon -, et puis klaxonne sans ralentir avant de se dire, bien calé dans son habitacle : pousses-toi, je suis plus gros que toi ! Et puis, si je t’écrase, je m’en fous mon pote, mon beau est puissant chef dans la police. Ceux-là, ils m’écoeurent.


Il y a aussi l’exodé rural à moto qui se croit encore en brousse, nez au vent, sourire aux lèvres. Calme et fataliste, il ne signale jamais quand il tourne. Parfois, il s’arrête en plein milieu de la route, pour saluer. Et la famille ? et les enfants ? et les cabris ?

Le gars est hors du monde réel. Ça gueule autour de lui mais il continue ses salamalecs. A la vie, à la mort, il s’en balance. Celui-là, il me fait pitié.


Et ces gosses qui vont à l’école et conduisent un vélo deux fois plus haut qu’eux.
Naturellement, ils sont debout sur le vélo. Ils touchent à peine les pédales. Ils roulent en danseuse. Un coup à droite, deux coups à gauche. Moi, je suis derrière, mains au volant, j’essaie d’anticiper les zigzags. A gauche ou à droite ? J’esquive mais jusqu’à quand ? Ces gosses, l’envie me vient parfois de leur retourner une bonne fessée.


Et les charrettes sans éclairage en pleine nuit ? Et les piétons en plein milieu du chemin ? Et les enfants qui jouent au ballon en plein goudron ?


Mais que fait la police ? Rien ! L’autre jour, une voiture était garée en plein milieu de la route. Elle bouchait l’accès à Kaloum. Deux flics sont passés devant, en sifflant.


Verbaliser ? Tu parles ! Cinq minutes après, je les ai retrouvés au maquis devant, en train de siffler deux skols.

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