Echec des négociations de paix au Soudan
Le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan (AUHIP) a déclaré, mercredi dans un communiqué, que le gouvernement du Soudan et les rebelles n’ont pu aboutir à un accord, d’où ils ont anéanti les espoirs et les attentes du peuple soudanais qui souffre interminablement.
Le désaccord est intervenu après que le Gouvernement du Soudan, le Mouvement de libération du Soudan/Armée-Minni Minawi (SLM / A-MM), le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) ont signé l’Accord de feuille de route visant à négocier la cessation des hostilités dans les zones du Kordofan méridional et du Nil Bleu et au Darfour.
Conformément à l’Accord de la feuille de route, le SPLM-N, dans les deux zones, et le JEM et le SLM/A-MM au Darfour, ont immédiatement entamé des négociations parallèles avec le Gouvernement du Soudan sur la cessation des hostilités et l’aide humanitaire, a ajouté le communiqué.
Sur le Darfour, les différends sont apparus lorsque les mouvements armés, au cours de la dernière session, ont relancé de nombreuses questions qui avaient été conclues et d’autres qui critiquaient l’Accord de feuille de route.
Bien que les facilitateurs ont présenté des options pondérées, dont les sites sur lesquels se situeront les mouvements armés et les dispositions de suivi de l’aide humanitaire, le JEM et le SLM-MM ont rejeté les propositions, lit-on dans le communiqué.
Conformément aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, et du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Groupe spécial a également indiqué que les parties devraient utiliser le Document de Doha pour la paix au Darfour (DDPD) comme soubassement de leurs négociations à Doha, sans préjudice du droit d’aucune partie d’introduire de nouvelles préoccupations.
Cependant, alors que le gouvernement a accepté ces propositions, l’introduction de nouvelles questions du JEM et du SLM-MM a véritablement brisé les négociations.
Concernant les deux zones, les parties ont pu se mettre d’accord sur toutes les questions, sauf sur un point relatif à l’aide humanitaire, où le SPLM-N voulait inclure une disposition garantissant que l’assistance limitée provienne d’Asosa, en Ethiopie. Le gouvernement a accepté que l’aide vienne de l’extérieur du pays, à condition qu’elle soit acheminée à travers les ports d’entrée situés dans les zones contrôlées par le gouvernement.
Face à cette impasse, la Commission a proposé que le gouvernement et le SPLM-N confient la fourniture de l’aide humanitaire à l’Organisation des Nations Unies qui, en retour, sera autorisée à déterminer, sur la base de son évaluation des besoins, la façon la plus efficace et efficiente de répondre aux besoins humanitaires.
Toutefois, le gouvernement du Soudan a trouvé la proposition du Groupe spécial incompatible à ses prérogatives souveraines, tandis que le SPLM-N a maintenu sa demande de garantie d’une aide humanitaire limitée à travers l’Ethiopie.
Le Comité a apprécié les efforts du Gouvernement éthiopien visant à combler ce différend, ainsi que ses propositions d’assurances et de garanties aux Parties sur cette question. Malheureusement, ces invitations sont tombées dans l’oreille d’un sourd.
Le Groupe est extrêmement préoccupé par le fait que l’impasse dans les deux options a bloqué l’élan, l’espoir et l’optimisme des Soudanais créé par la signature de l’Accord de la feuille de route, paralysant ainsi les perspectives de paix des populations du Darfour et des deux zones.
Par ailleurs, le Groupe demande fortement à chaque partie de reconsidérer les positions qui ont entravé les progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de feuille de route pour laquelle elle s’est engagée.
Le Groupe qui espère voir les parties faire preuves de leadership et de vision, est convaincu que le processus de la Feuille de route, notamment la cessation des hostilités est un bon début et représente le plus grand espoir pour parvenir à la stabilité et à une évolution démocratique du Soudan.