A LA UNELibre opinion

La question des coups d’États n’est pas forcément lié à un problème de textes ou d’institutions

Selon un politicien guinéen,la transition de 2010 aurait accouché d’une catastrophe. Ce qui justifierait à ses yeux qu’il faille prendre le temps nécessaire pour que la présente transition puisse réussir.
La transition de 2010, une catastrophe qui a quand même permis par deux fois l’élection d’un président de la République et une fois un parlement. Quel que soit par ailleurs ce qu’on pourrait dire des conditions d’organisation de ces élections.

Le président et les députés qui ont été élus entre 2010 et 2015 sont restés en fonction jusqu’à la fin de leur mandat. S’ils n’ont pas exercé leurs mandats dans une stabilité totale, on ne peut dire non plus qu’ils ont fait face à une instabilité qui a ébranlé et mis en péril les institutions de la République. Le pays a certes connu des manifestations -violences quelquefois- mais celles-ci sont inhérentes à toute démocratie même si on a pu déplorer à maintes reprises les pertes en vies humaines et les destructions qui en ont résulté.

Si le M. Alpha Condé ne s’était pas engagé dans le projet controversé de 3ème mandat, il n’y aurait peut-être pas eu de 5-septembre. S’il avait quitté le pouvoir au terme de son second mandat, le GFS n’aurait eu aucun argument valable pour prendre le pouvoir. Le pays aurait connu une alternance telle que voulue par le constituant de 2010 qui avait fait de la limitation du nombre et de la durée du mandat présidentiel des dispositions intangibles.
La situation de la Guinée n’est pas comparable à celle du Mali ou du Burkina, pays dans lesquels les putschistes ont invoqué entre autres motifs l’incapacité des présidents en fonction d’assurer la sécurité à un nombre important de leurs compatriotes victimes d’attaques terroristes. Ils font d’ailleurs face à la même réalité. D’autres militaires pourraient invoquer le même argument ( l’insécurité) pour les renverser à leur tour.

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Le prétendu échec de la transition de 2010 ne peut donc expliquer le coup d’État militaire intervenu en septembre dernier.

Mais, certains ne manqueront jamais d’imagination pour trouver des justifications à une transition à très longue durée (TTLD).

Il faut cependant éviter de tromper les citoyens. Une transition a beau durer et quels que soient les textes et les institutions qui en seront issus, elle ne sera pas la panacée qui empêcherait de facto les coups d’état militaires. La question des coups d’États n’est pas forcément lié à un problème de textes ou d’institutions. Sinon, des pays comme le Sénégal ou le Bénin n’ont pas des textes ou des institutions fondamentalement différents des nôtres. Mais le Sénégal n’a jamais connu de coups d’État depuis 1960. De son côté, le Bénin est à l’abri des putschs depuis 1990 et après sa  » conférence des forces vives de la Nation « .

Qu’est-ce qui pousse alors les forces de défense et de sécurité qui sont censées être républicaines, au service de la Nation, apolitiques et soumises à l’autorité civile, à s’emparer du pouvoir ? C’est à cette question qu’il faudra apporter une réponse. Et cette réponse ne se trouve pas forcément dans les textes.

D’où la nécessité de questionner aussi la manière dont nos institutions fonctionnent. On pourrait trouver des défaillances dans le fonctionnement de celles-ci et tenter d’y apporter une ou des solution.s par des textes et encore des textes. Mais la mentalité de nos dirigeants ne doit pas être négligée. Certains tenteront toujours de mettre à profit les moindres failles des textes pour essayer de les contourner. Cette mentalité doit absolument disparaître pour que nos institutions politiques ou administratives fonctionnent de manière à donner satisfaction aux citoyens que nous sommes.

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