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La polémique ouverte autour de l’identité, de l’ethnie (disons-le) du policier présenté comme « coupable » dans cette affaire de femme bouclier

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Souleymane Thianguel
Souleymane Thianguel

La polémique ouverte autour de l’identité, de l’ethnie (disons-le) du policier présenté comme « coupable » dans cette affaire de femme bouclier, au-delà de l’indignation sur la violence du comportement, pose deux questions essentielles:

1- celle de la confiance entre l’état et les citoyens ou tout au moins une partie des citoyens.
Les injustices accumulées ces dernières années et le silence, voire l’indifférence des autorités a mené à une rupture de confiance, telle que toute la parole des gouvernants est frappée du sceau de la suspicion. Les gouvernés, à défaut de se rendre justice, portent des boucliers de méfiance et voient partout une main manipulatrice des gouvernants.
Les citoyens se veulent plus intelligents, donc capables de mettre à nu les supercheries réelles ou supposées de l’état. À l’arrivée, ils développent un discours de repli, parce que la confiance est rompue avec l’état et seule l’espace identitaire, communautaire offre la sécurité qu’ils recherchent.

Alors, l’état désormais a un choix cornélien à faire: continuer dans le confort de son indifférence habituelle ou se battre pour reconquérir la confiance de ses administrés avec toute la difficulté que cela suppose. L’un dans l’autre, la démocratie qu’il dit garantir au peuple suppose qu’on l’entende, qu’il agisse d’une façon ou d’une autre. La parole, l’action publique que les hommes et les femmes qui nous gouvernent doit engager par ces temps d’incertitudes va démontrer, une fois encore, s’ils méritent d’être la place qu’ils occupent.

2- une hiérarchisation de l’indignation qui interpelle. Le niveau de « révolte » engendrée au sein de la population sur cette femme face à celle qu’on a connue après plus 140 assassinats est plus qu’inquiétant. Finalement, c’est comme s’il était plus révoltant de voir une femme se faire trainer par terre que de voir le corps criblé ou la tête trouée de balle d’un gosse par un AK47.

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Cela révèle une chose fondamentale de notre société: la banalisation de la vie. La répétition de ces morts a eu pour conséquence l’habitude, la lassitude peut-être même, cette fois pas seulement du gouvernement, mais aussi de presque l’ensemble de nos compatriotes. La vie n’a quasiment plus de valeur. La société guinéenne nous dit: « vous pouvez tuer tant que ça vous chante, mais vous ne pouvez absolument pas traîner une femme par terre ». Cela en dit long à mon sens sur une sorte d’inversion des valeurs sociales et culturelles dans la Guinée d’aujourd’hui.

Alors, à quoi cela tient-il et comment faire pour remédier à tout cela?

Souleymane Thianguel

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