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L’Afrique aurait un problème civilisationnel. En gros, nous ne sommes pas civilisés à l’Occidental. Pourtant nous avons nos valeurs civilisationnelles.

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Je m’explique.

L’Afrique est un continent à paradoxes car plusieurs mondes s’y côtoient, cohabitent en relative bonne intelligence.

Si, pour les Africains, cela est normal, voire banal, vu avec un certain recul, le continent noir mériterait plus de considération dans le classement des nations. Il faut bien le reconnaître, si nos pays sont, pour l’essentiel, confinés en queue de peloton, c’est bien sûr parce que nos ressources, quelques fois énormes, ne nous rapportent pas assez, au vu des besoins élémentaires, mais également parce que ces classements sont établis sur la base de critères souvent arbitraires qui nous désavantagent.

L’Afrique vit avec ses paradoxes qui, loin d’être toujours des contradictions, sont des éléments qui, reliés les uns aux autres, forment un ensemble cohérent quoique insolite parfois. C’est cela qui fait la couleur de nos pays si charmants aux yeux des Foté en mal d’exotisme. Mais, cette complexité n’est pas toujours bien perçue, ni bien gérée.

Si vous tracez un cercle de cinquante kilomètres de rayon à partir d’un point quelconque de Conakry, vous trouverez dans cette « nasse » des éléments qui montrent que le pays est à la pointe du progrès, l’Internet et le téléphone cellulaire étant les plus beaux exemples, et d’autres éléments qui montrent, à l’inverse, que le pays n’a pas décollé du tout, vu qu’on y retrouvera des paysans qui, sans même parler d’eau courante, n’ont pas d’eau potable.

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Comment vivre dans un système à cheval sur deux mondes sans s’égarer ? Comment concilier, par exemple, tradition et modernité ? Ça n’a l’air de rien, mais qui s’étonne aujourd’hui quand tout un service public ferme ses portes pour « aller à un décès »? Il arrive qu’un employé soit absent de son poste parce qu’un de ses voisins est en deuil. Pas quelqu’un de sa famille, un voisin !

C’est que, justement, en Afrique, dit-on, les premiers parents, ce sont les voisins. Allez-y expliquer cela à un Président français. L’Afrique noire, c’est d’abord le social. Si vous voulez réussir en politique, faites du social, montrez-vous partout chaque fois qu’il s’y passe un événement social (funérailles, baptêmes, etc.) et vous serez adopté.

Le poids de la coutume reste énorme. Même si l’on est « collé-serré » avec l’église ou l’esplanade des Mosquées, on a souvent recours à certaines pratiques ancestrales dites animistes qu’on a tendance à cacher. Nous en avons honte parce que l’on nous a inculqué cette culpabilité de la chose ancestrale.

L’Afrique n’est rien sans ses traditions. Mais, saurons-nous un jour nous regarder en face, pour savoir qui nous sommes et d’où nous venons, afin d’écrire enfin notre propre histoire où tous les éléments dérobés auront leur vraie place, leur vraie signification ? L’Afrique noire est mal partie car elle ignore d’où elle est partie.

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