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Procès d’Ibrahima Chérif Bah : une parodie de justice orchestrée par la CRIEF

Procès de Chérif Bah : la CRIEF, une machine judiciaire au service du pouvoir

Le juge Yagouba Conté a décidé de clore les débats dans le procès d’Ibrahima Chérif Bah, ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Une décision brutale qui illustre la dérive autoritaire de la CRIEF, cette juridiction censée lutter contre la corruption mais qui s’est transformée en tribunal d’exception pour liquider les figures de l’opposition.

Depuis la chute d’Alpha Condé, les procès politiques se succèdent avec une précision chirurgicale. Chérif Bah, ancien ministre et cadre influent de l’UFDG, n’échappe pas à la règle. Derrière les accusations officielles, c’est un procès à charge orchestré par un pouvoir qui cherche avant tout à neutraliser ses adversaires.

Une justice expéditive et partiale

Si la CRIEF était une institution judiciaire sérieuse, elle s’attaquerait à tous les responsables des détournements de fonds publics, sans distinction de couleur politique. Or, dans les faits, seuls les opposants au régime actuel sont poursuivis avec acharnement.

Dans le cas de Chérif Bah, les accusations restent floues et les preuves faibles. L’objectif n’est pas d’établir la vérité, mais de monter une affaire qui justifie une condamnation programmée. Et pour cela, on ferme les débats en un temps record, sans laisser le temps à la défense de démonter les accusations.

Pendant ce temps, les proches du régime continuent de s’enrichir en toute impunité, sans jamais être inquiétés par la CRIEF. Ce qui se joue ici n’a rien à voir avec la justice : c’est une purge politique.

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Un avertissement aux anciens dignitaires et aux opposants

Le cas Chérif Bah s’inscrit dans une logique de règlement de comptes bien huilée. Après Alpha Condé, c’est tout son cercle de gouvernance qui doit être broyé. Gouverneur de la BCRG sous l’ancien régime, Chérif Bah fait partie de ces technocrates qui ont exercé des fonctions stratégiques. Le faire condamner, c’est envoyer un signal fort à tous ceux qui, dans l’opposition ou l’ancienne administration, pourraient encore espérer jouer un rôle dans l’avenir du pays.

Mais au-delà des anciens dignitaires, c’est aussi un message clair envoyé à l’ensemble de l’opposition. Chaque arrestation, chaque condamnation prononcée dans ces conditions vise à dissuader toute contestation. L’objectif du pouvoir est simple : créer un climat de peur où personne n’ose défier l’autorité militaire.

Une justice au service d’un régime en quête de légitimité

Le CNRD sait que son pouvoir est fragile. Il ne peut se maintenir qu’en contrôlant chaque levier de l’État, et la justice est l’un des outils les plus efficaces pour éliminer toute opposition.

Avec des juges aux ordres et des tribunaux transformés en chambres d’exécution politique, la transition n’a plus rien de démocratique. Elle repose sur une logique simple : rendre impossible tout retour des figures de l’ancien régime, museler l’opposition et garder les rênes du pays aussi longtemps que possible.

Dans ces conditions, Chérif Bah a-t-il la moindre chance d’échapper à une condamnation ? Peu probable. Comme pour d’autres avant lui, le verdict est probablement déjà écrit, et la CRIEF ne fait qu’exécuter un scénario dicté par les hautes sphères du pouvoir.

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Un pays qui sacrifie son avenir

L’acharnement judiciaire contre les opposants ne fait qu’affaiblir davantage la Guinée. Au lieu de construire une justice crédible, capable de rétablir la confiance, le régime actuel enfonce le pays dans un cycle de répression et d’arbitraire.

Mais l’histoire l’a prouvé : aucun pouvoir ne peut gouverner éternellement par la peur et la répression. Les condamnations politiques finissent toujours par se retourner contre leurs auteurs. La vraie question est de savoir jusqu’où le CNRD est prêt à aller avant que le pays n’atteigne un point de rupture.

D’ici là, la Guinée continuera d’enterrer l’État de droit, une condamnation politique après l’autre.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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