La Plume à Jacques

Donc le président peut promettre du bonheur. On gardera à l’esprit que ce qui n’a pas été possible à Boké, Siguiri et Dinguiraye, ne le sera pas à Lola, Beyla et Nzérékoré.

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Le débat sur les mines. Il n’a pas encore lieu, parce qu’il n’intéresse pas. Les mines, ce sont les ressources de l’entendement des politiques, qui ne tarissent pas. Donc elles sont au cœur de la stratégie de développement proposée au peuple de Guinée. Tout a toujours été fait, pour que les zones minières attirent les investisseurs. La Guinée a été présentée à toutes les nations du monde tournées vers l’industrialisation. La Chine et les Emirats arabes unies acceptent la nouvelle offre à la suite des anciens conglomérats dont les investissements n’ont été que peu bénéfiques pour la Guinée.
En neuf ans, le gouvernement a promis le passage à l’industrialisation. Rien de plus exceptionnel n’a été fait. Disons-rien. Les chiffres ont augmenté en revanche. Toutes les compagnies jubilent. Elles obtiennent ce qu’elles ont toujours souhaité avoir. Les matières premières pour faire fonctionner leurs usines. Des millions de dollars sont versés dans la caisse unique trouée. Cet argent intervient à plus de 40% dans le budget national de développement. Les mines n’étaient pas aussi prisées que maintenant. L’agriculture est dans les discours et dans les petits actes. L’autosuffisance alimentaire nous apprenait-on il n’y a pas longtemps, a été atteinte. Il y a des années il n y avait aucun besoin de brandir des chiffres. Les vivres existaient en quantité et c’était bien.
Le riz ne s’obtient pas facilement dans les marchés. Près de trois cents milles francs guinéens un sac de 50 kilogramme. On se nourrit des variétés importées d’ailleurs dans la douleur. Le gouvernement n’a pas encore réussit à inverser la tendance. Il augmente les taxes à l’importation pour mieux profiter des pauvres consommateurs. Les pauvres paient pour les riches. Même s’ils voient des ministères en charge de l’économie prendre des mesures susceptibles d’avoir de l’incidence sur leurs paniers, les ménagères ne peuvent pas dire grand-chose. C’est mal présenté mais accepté.
Et au président de mettre l’accent sur les mines en multipliant des promesses. Le trans-guinéen, des emplois pour tous les jeunes, l’abondance. Les habitants de la région forestière ont pu écouter de plus près ce qu’ils entendaient de loin. Surtout qu’on leur parle de ce qui va se réaliser en 2020. La campagne électorale, au compte de quel scrutin a bien démarré. Le candidat président parle de l’avenir comme s’il s’apprêtait à prendre pour la première fois les rênes du pays. Les neuf ans ne comptent pas à ses yeux. Mais plutôt ce qu’il peut encore offrir à cette nation.
Et il peut bien offrir. Peut-être pas le trans-guinéen. Peut-être même pas les emplois, mais les machines de destruction massive dont le travail consiste à dégrader l’environnement. L’essentiel est d’extraire les ressources, les revendre en grande quantité pour continuer à nourrir le rêve d’un progrès qui n’arrive jamais. La région de Boké et les préfectures de Siguiri et Dinguiraye vivent des dégâts de l’exploitation de la bauxite. Pas de route pour les rejoindre et les communes urbaines ne ressemblent qu’à des gros villages.
Donc le président peut promettre du bonheur. On gardera à l’esprit que ce qui n’a pas été possible à Boké, Siguiri et Dinguiraye, ne le sera pas à Lola, Beyla et Nzérékoré. Il faut d’abord changer de politique. Et absolument.

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