Une prise de conscience de nos élites et de nos populations est entrain de s’opérer.<span class="wtr-time-wrap after-title"><span class="wtr-time-number">3</span> min read</span>

Une prise de conscience de nos élites et de nos populations est entrain de s’opérer.3 min read

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Je souhaitais partager avec vous cette réflexion à l’occasion du 61e anniversaire du 28 septembre 1958, le jour où le peuple de Guinée décida de prendre en main son destin en votant non au projet de communauté franco-africaine proposé par le Général De Gaulle.

C’est aussi le 10e anniversaire du tristement célèbre massacre du 28 septembre 2009 au stade du même nom, où des centaines de guinéens furent tués, blessés et des femmes violées en plein jour pour avoir manifesté leur opposition aux velléités de confiscation du pouvoir par la junte militaire présidée par le Capitaine Moussa Dadis Camara.

Ces deux dates, la première empreinte de fierté, d’union et synonyme de notre volonté à bâtir ensemble un destin commun, et la seconde empreinte de honte, d’ignominie et synonyme de notre cupidité, de notre égoïsme et de notre violence. C’est cela aussi notre histoire. Une histoire qui reste à écrire et à raconter.

Notre histoire ne doit pas être un frein à nos idéaux d’unité, de justice, de liberté et de solidarité. Toutes les grandes nations ont vécu des tragédies humaines dans leur évolution. Prenons l’exemple des USA que nous admirons tant aujourd’hui.

Ils ont connu le massacre des peuples autochtones (indiens), la guerre de sécession avec près d’un millions de morts, l’esclavage, la ségrégation etc. En France un autre pays que l’on admire, il y eut la révolution de 1789 (des dizaines de milliers de morts par fusillade, guillotine, la vindicte populaire), les déportations pendant le seconde guerre mondiale, les épurations après la libération avec plus de 10 000 morts.

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Cependant ces nations ont su trouver en elles ce qui les unissaient pour avancer et construire un destin commun.
En Guinée, nous devons écrire cette histoire, l’histoire de notre peuple issu des grands empires royaumes, parler de la traite des africains qui a dépeuplé l’Afrique de ces bras valides, de son intelligentsia et qui nous a plongé dans l’abîme.

Nous devons parler de notre influence, de ce que l’Afrique a apporté à la civilisation humaine. Nous devons chanter les épopées de nos rois, nos empereurs et nos résistants qui ont défendu notre culture, notre liberté face à l’impérialisme.

Nous devons parler du colonialisme, de son apport et de la déstructuration de nos sociétés. Nous devons avoir la fierté de parler de notre indépendance, de Sekou Toure et de ceux qui ont œuvrer pour nous la décrocher.

Nous devons reconnaître les ingérences étrangère sur notre volonté de construire une nation et les luttes des élites ayant entraîné la mort et l’émigration de nos cerveaux. Nous devons parler de la corruption de nos élites, des populations et la perte de nos repères.

Enfin nous devons avoir le courage de tout nous dire, de regarder notre histoire en face, d’en tirer les leçons et d’en prendre ce qui important pour la construction d’une nation forte, solidaire, qui aspire à la justice et à l’épanouissement des filles et fils dans le respect de nos valeurs.

Une prise de conscience de nos élites et de nos populations est entrain de s’opérer. J’y crois profondément et je sais qu’on y arrivera.

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Abdoul Karim Bangoura

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