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Je vous le dis clairement, « rien ne sert de crâner, il faut arriver en tête »

Je vous le dis clairement, « rien ne sert de crâner, il faut arriver en tête »
VOTRE NOTE

Je vous le dis clairement, « rien ne sert de crâner, il faut arriver en tête », aurait pu dire la tortue au lièvre. Loin de prétendre lever un lièvre, il s’agit ici de se hâter lentement pour trouver des voies de sortie du cycle de violence par lequel nous sommes progressivement happés.

Nos concitoyens sont ainsi faits : ils ne s’étonnent plus de rien. Et pourtant, ce n’est pas faute d’être curieux. Il suffit pour cela de voir l’attroupement monstre et néanmoins bête que suscite le moindre accrochage dans la voie publique. Pour une poule écrasée, la moitié du quartier s’agglutine sur la chaussée au risque de provoquer un accident supplémentaire.

Quand la victime est humaine et allongée par terre, de préférence baignant dans son sang, elle risque de succomber non à ses blessures, mais par asphyxie. Dieu merci, les multiples narines aussi dilatées que les yeux sont écarquillés ne lui pompent l’air qu’en surface, mais l’oxygène qui lui reste en bas est pollué par les gaz d’échappement de la circulation et les mauvaises odeurs des chaussures qui forment cette haie nauséabonde.

Les Guinéens semblent blasés de tout, car plus rien ne les étonne vraiment. Qui n’a pas déjà vu un quidam sortir sa zigounette en plein jour et pisser dans les fleurs sur une voie à double sens ? Personne ne fait vraiment attention à lui, comme si cette attitude incivique était la chose la mieux partagée.

L’anormal est devenu banal et la violence chose normale. C’est tout juste s’il se trouve encore des âmes sensibles pour se laisser véritablement choquer par le spectacle macabre d’un bébé dans un caniveau.

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Certaines modes, inspirées des images télévisées de manifestations de rues à travers le monde, deviennent monnaie courante. Rien de plus ordinaire qu’un pneu brûlé sur la chaussée ou un bâtiment public saccagé. Il ne viendra à l’idée d’aucun passant de s’en offusquer. Qui s’émeut encore aujourd’hui à la vue d’un véhicule administratif incendié par des élèves ?

Et pourtant, cela atteint bien quelques points culminants sur l’échelle du vandalisme. Peu à peu, parce qu’on estime que la cause en vaut la peine et pour se prouver qu’on a du cran, on monte d’un cran; à mesure que le ton se corse, on finit ainsi par être soi-même à cran.

A force de tolérer tout et n’importe quoi sans réagir sous prétexte que c’est cela qui est à la mode de la mondialisation vue à la télé, on recule sans le savoir les balises de l’acceptabilité, faisant la part belle à la violence dans la cité. Cela peut paraître banal, voire abstrait, mais qui aurait pu imaginer que Conakry puisse être le théâtre d’agressions aussi barbares et inhumaines que le meurtre du vieux Doura Diallo, par exemple ? L’habitude étant une seconde nature, les mauvaises habitudes participent ainsi à dénaturer progressivement les moeurs de la société.

Autant les manifestations publiques ont permis de tirer la sonnette d’alarme sur la violence en politique, autant la société civile devrait faire preuve d’une vigilance agissante face à ces excès. Mais que faire pour sensibiliser une opinion publique si peu attentive et intéressée à ce genre de discours ?

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Au-delà des médias publics, les lieux de prières se prêtent plus que jamais à cette sensibilisation. Les prêches pourraient être  »actualisés » et adaptés pour sortir les brebis égarées des sentiers battus. Le culte de la vie humaine doit être sacralisé et le bien d’autrui avec.

Autrement, avec toute la violence contenue dans les programmes de télévision et le cinéma, avec toutes ces scènes horribles du quotidien véhiculées à profusion par l’actualité des médias, nos enfants qui courent innocemment dans les cours d’école sont tous de potentiels ‘’Prédators’’ de demain. Avant la démocratie et la bonne gouvernance, la non-violence doit être au centre d’une véritable instruction civique des petits hommes.

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