Je me suis laissé affaler dans un des fauteuils de mon maquis préféré à Pyabounyi
Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Je me suis laissé affaler dans un des fauteuils de mon maquis préféré à Pyabounyi

Vendredi 18 janvier. Un verre de Guiluxe moussée entre les pognes, je me suis laissé affaler dans un des fauteuils de mon maquis préféré à Pyabounyi, scrutant le ciel pour voir s’il ne laissera pas tomber la pluie au moins cette nuit. J’étais fatigué de dormir dehors et surtout d’errer de bar en bar pour chercher le sommeil. Enfin, pas exactement.

La chaleur torride qui s’est invitée, contrairement aux habitudes, ce mois de janvier sans qu’il n’y ait assez de flotte pour la chasser me donne plus que du souci. Si je dois continuer à aller boire pour pouvoir supporter la canicule, il faut bien que je me trouve d’autres revenus pour le loyer de ce foutu clapier où je ne dors même pas.

La dernière fois, j’ai vu à la télé une pub dans laquelle un gars et toute sa famille ont déserté leur piaule surchauffée par la chaleur pour aller côcôter la clim chez leur voisin. Ça fait vraiment rêver et sourire. Le hic, c’est que mes voisins sont plus pauvres que moi.

Si on devait nous classer selon l’indice du développement humain durable, j’allais me faire le plaisir d’avoir autant de monde derrière moi que le Canada dans le classement du PNUD. Et si le développement devait tenir compte du nombre de bouteilles qu’on pouvait s’offrir quotidiennement, je battrais tous les records de la Guiluxe. Mais je dois reconnaître que dans ce pays où toutes les conditions sont réunies pour que nous nous maintenions en queue de peloton du développement, il ne faut surtout pas rêver sortir de son trou de rat.

Le comble c’est lorsque la canicule s’en mêle. Je comprends pourquoi certains préfèrent aller toiser la mort dans la fraîcheur de la Méditerranée, plutôt que de mourir dans le désespoir. C’est vraiment con de clamser sans donner un peu de fraîcheur à sa vie. Mais ne comptez surtout pas sur moi pour cette connerie de suicide en haute mer, loin de mon breuvage préféré.

Si la galère devait finir par me tuer, je préfère que ce soit dans des conditions telles que j’ai une bouteille de Guiluxe bien tapée entre les mains pendant que j’en aurai déjà ingurgité plusieurs. Même s’il fait une chaleur d’enfer et que tout le monde me pompe les bonbons, que Dieu me préserve du supplice de l’immigration clandestine. Lorsque je suis dans la dèche, je m’essaie quelquefois au bangui, mais je ne suis aucunement prêt à crever comme un rat déshydraté dans les Iles Canaries.

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